Un terroir idéal

Au sud est de Chambéry, Chignin est niché au bord d'un plateau ondulé, au pied du massif des Bauges. Plus qu'un village, c'est un essaim de hameaux: en bas les plus récents, les Moulins, les Côtes, et la Gare où un petit pôle industriel s'est installé entre autoroute et nationale. Plus haut dans la pente, noyés parmi les vignes, le Chef-Lieu, avec au nord Montlevin, le Villard, le Viviers, et au sud Torméry, serrent de près la crête de Montgelas. Les éboulements de celle-ci ont parfois fait des dégâts: à Tormery en 1913 on a du par précaution en dynamiter un grand pan, tandis que depuis 1963 deux tranchées à flanc de montagne protègent le Viviers. Mais ces pentes exposées au sud, protégées des vents froids, créent surtout un cocon de chaleur idéal pour la vigne. Un quart des 832 ha de la commune lui sont aujourd'hui consacrés (et moins d'un dixième au bâti, malgré la proximité de Chambéry). Encore ce chiffre a-t-il baissé depuis la crise du phylloxéra (vers 1880) et la maladie cryptogamique qui obligea à nouveau en 1947 à arracher les plants: la trentaine de vignerons chignerains, dont les crus sont réputés depuis le XVII e siècle, misent moins sur la quantité que sur la qualité.